16 septembre 2010

Les bambins immunisés contre le bâillement contagieux

Traduction G.M.

Les enfants de moins de 4 ans ainsi que les enfants avec autisme semblent être immunisés contre le bâillement contagieux, un phénomène dans lequel une personne baillant entraîne une réaction en chaîne d’ouverture de bouches.
Des chercheurs de l’Université du Connecticut ont observé 120 enfants de 1 à 6ans se développant normalement et 30 enfants de 6 à 15 ans se développant avec un trouble du spectre autistique, pour les besoins d’une étude dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue Child Development.
Ils ont trouvé que bien que les bébés baillent spontanément dans l’utérus, la plupart des enfants ne montrent aucun signe de sensibilité au bâillement contagieux jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de 4 ans.

Signe possible d’empathie
L’étude montre aussi que les enfants avec autisme sont moins sensibles aux bâillements contagieux que les enfants sans autisme de même âge mental et chronologique, et plus l’autisme d’un enfant est sévère moins il est sensible au bâillement.
« Etant donné que le baillement contagieux peut être un signe d’empathie, l’étude suggère que l’empathie et le mimétisme qu’il sous tend se développent lentement au cours des premières années de la vie, et que les enfants se développant avec un trouble du spectre autistique peuvent manquer des indices subtils qui les lient émotionnellement aux autres. »
Chez les adultes, le bâillement contagieux est souvent épidémique puisque la moitié des adultes y répondent.

Une protéine neuronale malformée liée au trouble autistique

Traduction G.M.

Une équipe internationale de scientifiques dirigée par des chercheurs de l'Université de Californie, San Diego, a identifié le mauvais repliement et d'autres anomalies moléculaires dans une protéine clé du cerveau associée aux troubles du spectre autistique.

Palmer Taylor, vice-chancelier adjoint de sciences de la santé à l'UC de San Diego et doyen de la faculté de pharmacie et des sciences pharmaceutiques Skaggs, et ses collègues rapporte dans l'édition du 10 Septembre du Journal of Biological Chemistry que le mauvais repliement d'une protéine appelée neuroligine-3, en raison à des mutations de gènes, provoque des deficiences de conduction qui peuvent conduire à des communications anormales entre les neurones.

Le repliement génétique des neuroligines est suspecté d’empêcher la formation normale et le fonctionnement des synapses neuronales. La mutation génétique a été trouvée chez les patients atteints d'autisme.

«C’est sensé qu’il existe un lien,» explique Taylor. «Les neuroligines sont impliqués dans le maintien des synapses neuronales et leur dysfonctionnement est susceptible d'affecter une maladie du développement neurologique.

Les neuroligines sont des protéines post synaptiques qui aident à l’assemblage des synapses en les connectant avec des protéines synaptiques associées appelées neurexines. Elles font partie de la vaste famille du groupe des protéines alpha-béta-hydrolase qui inclut de nombreuses protéines qui ont des fonctions de catalyse, d’adhésion et de sécrétions.

A l’aide de cultures vivantes de neurones, les chercheurs ont constaté que les différentes mutations à l’origine de differents degrés de mauvais repliement de la structure de la proteine, qui se traduisent en déficiences de connexion de sévérité variable par rapport à la protéine alpha-beta-hydrolase, entrainent différents troubles congénitaux

L’association des neuroligines et des mutations génétiques est relativement nouvelle en science. L’idée a été émise il y a 15 ans et le lien a été mis en évidence il y seulement 7 ans. Taylor explique que l’indentification et la description du lien avec la malformation de la protéine améliore la compréhension des causes complexes de certains autismes, ainsi que l’influence respective des gènes et de l’environnement et offre peut-être de nouvelles cibles pour les thérapies médicamenteuses potentielles.

« Si la mutation est identifiée précocement, il pourrait être possible de restaurer les neurones affectés avant que les connexions synaptiques anormales ne soient établies », explique Davide Comoletti, co-auteur et chercheur à la the Skaggs School of Pharmacy. "Mais il reste encore beaucoup de travail. Nous pouvons être capables de trouver un traitement pour des cellules in vitro mais restaurer une fonction in vivo peut être impossible en utilisant la même stratégie.

14 septembre 2010

Pas de lien entre le mercure dans les vaccins et l’autisme

Traduction par G. M.

Une nouvelle étude gouvernementale ajoute une preuve supplémentaire au fait que le thimerosal, un conservateur à base de mercure utilisé jusqu’à récemment dans de nombreux vaccins, n’augmente pas les risques d’autisme chez l’enfant.

Elle montre que les enfants qui ont été exposés très tôt à une haute concentration de conservateur – à travers les vaccins qu’ils avaient reçus ou que leurs mères avaient reçus quand elles étaient enceintes, n’étaient pas susceptibles de développer de l’autisme, y compris ddeux sous-types d’autisme.

« Cette étude devrait rassurer les parents qui suivent le calendrier vaccinal recommandé”, explique le docteur Frank Destefano, directeur du Immunization Safety Office au Centers for Disease Control and Prevention (CDC) à Atlanta, et auteur principal de l'étude.

Les préoccupations au sujet d'un lien entre les vaccins et l'autisme ont été soulevées en premier, il y a plus de dix ans par un médecin britannique Andrew Wakefield.

Son rapport , fondé sur 12 enfants, a été discrédité et le journal qui l’a publié s’est rétracté au début de cette année. Entre-temps, il a suscité un débat mondial féroce entre scientifiques et i la provoqué la peur de nombreux parents qui ont hésité à utiliser les vaccins recommandés contre la rougeole, les oreillons et la rubéole.

S’ensuivirent des foyers d’épidémie de ces trois maladies.

Une grande inquietude portait sur le rôle possible du thimerosal dans le développement autistique, un état qui affecte à peu près une personne sur 110 selon le CDC.

La plupart des scientifiques considèrent l’autisme comme un trouble du développement, probablement influencé par les gènes.

L’autisme a un spectre très large et les troubles vont du Syndrome d'Asperger léger au retard mental grave avec handicap social, et il n’existe aucun remède ou bon traitement.

Les chercheurs du CDC ont utilisé des données concernant des enfants américains nés entre 1994 et 1999, qui étaient inscrits dans une des trois organisation de prévention de la santé.

Ils ont trouvé 256 enfants dans le trouble du spectre autistique et les ont compares avec 752 enfants qui n’avaient pas d’autisme, mais qui avaient le même âge et qui étaient de même sexe.

Peu importe le moment où l’enfant a été exposé au thimerosal, que ce soit avant la naissance quand la mère a été vaccinée ou après la naissance, il n’y a pas d’augmentation du risque d’autisme quel qu’il soit.

En fait, ces enfants qui ont été exposés à l'agent conservateur entre la naissance et 20 mois d'âge avaient légèrement moins de probabilité de se développer avec un autisme ; un résultat qui ne peuvent expliquer les chercheurs.

« C’est une étude très rassurante », explique le Dr Michael J. Smith, pédiatre à l’Université de l’Ecole de Medecine de Louisville dans le Kentucky qui n'était pas impliqué dans la recherche

« Ces résultats montrent que vous pouvez être vaccinés avec un vaccin au thimerosal sans inquiétude. »

Smith, qui a déclaré qu'il y avait un enfant de deux mois vacciné à la maison, note que les taux d'autisme ont continué d'augmenter, bien que thimerosal a été supprimé de tous les vaccins pour enfants, à l'exception des vaccins contre la grippe.

Pour les parents qui restent préoccupés par al présence de thimerosal dans les vaccins contre la grippe, il existe des alternatives sans conservateur, tels que le FluMist, un vaporisateur nasal pouvant être utilisée chez les enfants âgés de deux ans et plus.

Certains parents s’inquiètent également du grand nombre de vaccins inoculés en même temps, ou bien du trop jeune âge des enfants vaccinés qui peuvent provoquer des problèmes mentaux. Le Dr Smith a déclaré que les recherches sur le sujet avaient dissipé ces préoccupations les unes après les autres.

« Il n’existe aucune preuve crédible » d’un lien entre vaccins et autisme, conclut-il pour Reuter Health.


11 septembre 2010

Le modèle de préférence visuelle peut etre un indicateur de l'autisme chez les bambins

Traduction par G. M.

En utilisant la méthode du suivi des yeux, des chercheurs de l’Université de Californie et de l’école de médecine de San Diego ont montré que les enfants en bas âge avec autisme passaient significativement plus de temps à examiner des figures géométriques que des images sociales. Les résultats de l’étude suggèrent qu’une préférence dès le plus jeune âge pour les figures géométriques pourrait constituer un indice comportemental de risque d’autisme dès l’âge de 14 mois
“En testant 110 jeunes enfants âgés de 14 à 42 mois, nous avons trouvé que tous les enfants qui passaient plus de 69% de leur temps à fixer leur attention sur des figures géométriques étaient précisément diagnostiqués avec un trouble envahissant du développement », explique Karen Pierce, professeur à l’UCSD Département de Neurosciences. Cette étude est publiée depuis le 6 septembre dans les Archives de Psychiatrie Générale.
Pendant cette étude, les enfants étaient assis sur les genoux de leur mère pendant qu’ils regardaient un film d’une minute qui contenaient des figures géométriques sur une partie de l’écran et des enfants qui dansaient et faisaient du yoga sur l’autre côté de l’écran. En utilisant un faisceau de lumière infrarouge qui rebondit sur l’œil, Pierce et ses collègues sont capables de mesurer le temps passé à examiné l’un ou l’autre côté de l’écran. Les figures géométriques mouvantes qui ont capté l’attention des enfants avec autisme mais pas celle des enfants sans autisme plutôt attirés par les visages, sont des écrans de veille que l’on trouve sur la plupart des ordinateurs.
Sur les 51 enfants au développement typique, seul un enfant préféra regarder les figures géométriques. Cependant, ce n’est pas l’ensemble des enfants avec autisme qui a préféré les figures géométriques. Dans l’étude, 40% des enfants avec développement autistique préfèrent les figures géométriques, comparé au 2 % des enfants au développement typique et au 9% des enfants avec retard de développement. Ainsi pendant que 40% des enfants avec T.S.A. (Trouble du Spectre Autistique) étaient sensibles aux figures géométriques, les 60% restants présentaient des réponses semblables au groupe sans autisme et au groupe avec retard de développement en préférant les images sociales.
« Ce qu’un bébé préfère regarder lorsqu’il a le choix entre deux images peut devenir un indicateur de risque autistique lorsqu’il ou elle regarde une seule image », explique Pierce. « Parmi les tout-petits qui préfèrent fortement les figures géométriques, nous avons trouvé que pratiquement 100% du temps, ces enfants développaient un trouble du spectre autistique »
Une préférence pour les seules figures géométriques pourrait être un nouveau moyen étonnant de dépister l’autisme précocement, mais les résultats montrent aussi que les enfants qui préfèrent les formes géométriques ont des réponses différentes (mouvements des yeux rapides, orientés) selon les enfants.
«Initialement, nous avions prévu que les tout-petits enfants avec TSA montrerait globalement un nombre réduit de saccades oculaires», explique Pierce. Cependant, les résultats révèlent que c’était surtout les enfants sensibles aux figures géométriques et non pas le groupe en entier, qui présentait un nombre réduit de saccades et ceci uniquement lorsqu’ils regardaient leur figure préférée. « C'était presque comme s'ils étaient ‘coincés’ et ne bougeait pas les yeux autant que les tout-petits au développement typique lors de la visualisation des motifs géométriques. Les motifs étaient apparemment très absorbants.
Les chercheurs prévoient qu’une préférence pour les motifs géométriques en mouvement combiné avec le temps que passent les bébés à regarder les images géométriques peut être un facteur précoce de dépistage de l’autisme.
“Si votre enfant préfère de temps en temps regarder les écrans de veille de votre ordinateur, ce n’est pas une raison pour s’alarmer”, explique Pierce, mais s’il votre enfant regarde les motifs géométriques sur des périodes très longues et ne s’intéresse pas aux images sociales, vous devez vérifier les autres signes d’alarme de l’autisme ».
Ces signes incluent le peu de plaisir éprouvé dans les jeux d’interaction sociale tels que le jeu de peek-a-boo, la présence d’un ton voix inhabituel, une absence de pointage un manque de des objets, et une absence de réponse à l’appel de son nom.
“Si votre enfant répond à ces signaux d’alerte, il faut consulter un pédiatre pour évaluer son développement », précise Pierce.
Plus d’informations: Arch Gen Psychiatry. Published online September 6, 2010.

12 août 2010

Un scanner de 15 minutes seulement pour diagnostiquer l'autisme

Des scientifiques britanniques développent une méthode pour diagnostiquer l'autisme

Les enfants pourraient dans le futur avoir un diagnostic d'autisme grace à un examen d'une durée de 15 minutes. Une methode d'analyse des données d'un scanner cérébral a évalue des changements structurels dans le cerveau. Le scanner a mis en évidence des différences significatives dans l’épaisseur des tissus de certaines parties de la matière grise des lobes frontaux et pariétaux, qui commandent le comportement et le langage.Elle a été testé sur 20 adultes en bonne santé, 20 adultes avec trouble du spectre autistique et 20 adultes avec troubles de l'attention. Les résultats montrent un taux de concordance de l'ordre de 90 %. Ce taux pourrait etre plus eleve chez les enfants car les anomalies cérébrales de l’autisme varient au cours de la vie et elles sont plus importantes durant l’enfance estime Christine Ecker, la chercheuse à l’origine de l’étude.

Cette étude commencée il y a un peu plus de deux ans risque de révolutionner le diagnostic des troubles du développement qui affecte plus de 600 000 personnes en France. Non seulement la méthode est beaucoup plus rapide que les moyens habituels d'identifier l'autisme mais son coût est entre 10 et 20 fois plus faible.
A ce jour le trouble est principalement diagnostiqué par l'observation des principaux traits de comportements en utilisant une batteries de test. La procédure de diagnostic peut prendre plusieurs jours en impliquant une équipe complète de cliniciens pour un coût de plusieurs milliers d'euros. Le scanner cérébral prend quelques minutes et ne coute que quelques centaines d'euros.

Analyse automatique des enregistrements naturels d'enfants avec autisme, retard de langage et avec développement typique

Les études sur le développement du langage ont toutes été conduites laborieusement avec des personnes qui mesuraient, transcrivaient, analysaient un nombre généralement restreint d’échantillons. La dernière recherche en date porte sur une méthode d’analyse qui permet de mesurer le développement du langage dès le plus jeune âge à partir de quantités massives d’enregistrements audio réalisés naturellement tout au long d’une journée. Le premier objectif est de donner des idées sur le développement du contrôle infantile des caractéristiques infrastructurelles du discours grâce à une analyse statistique à grande échelle des paramètres acoustiques sélectionnés. En travaillant sur cet objectif, les chercheurs se sont rendus compte lors de la première analyse automatique était non seulement capable de suivre le développement de l’enfant sur des paramètres acoustiques reconnus comme jouant un rôle clé dans le langage mais elle était capable de différencier les vocalisations différentes entre des enfants qui se développaient avec un autisme avec un retard de langage ou retard.
La méthode est entièrement automatisée sans intervention humaine et elle peut contribuer au dépistage et au diagnostic de désordres précoces. Elle donne aussi des pistes pour l’étude du langage en milieu naturel.
Les enfants qui se développent normalement dans un environnement naturel acquièrent un système de langage d’une remarquable complexité, un fait qui a été l’objet d’une attention scientifique considérable. Les anciennes recherches sur le sujet étaient rendus difficiles par les moyens humains et matériels dont il fallait disposer pour finalement obtenir un très faible échantillon d’enregistrements exploitables. Le premier problème auquel les équipes travaillant sur ce projet ont été confrontées a été de construire un système automatique qui utiliserait uniquement des données acoustiques émanant des enfants et non de l’environnement proche. L’utilisation d’un enregistreur aimanté de 70g disposé dans une poche de sur la poitrine de l’enfant a permis de collecter depuis 2006 des sous-échantillons correspondant aux trois catégories développement normal, retard de langage et autisme. Dans les deux phases 1 (2006-2008) de recueil d’échantillons et 2 (2009) d’analyse, les parents indiquaient si leur enfant souffrait d’un autisme ou d’un retard de langage. Dans le cas du retard, l’enfant était évalué par un professionnel du langage faisant partie de l’équipe. De plus, les parents des deux groupes d’enfants diagnostiqués fournissaient des indications sur le diagnostic indépendamment de la recherche. Les évaluations parentales obtenues en parallèle avec les enregistrements confirment les différences diagnostics. Les exemples avec autisme ont des profils socio psychiatriques correspondant avec les publications sur le sujet. Il en va de même pour les enfants avec des retards de langage. Des informations démographiques ont été recueillis à cette occasion lors des deux phases : les garçons sont disproportionnellement plus nombreux et le niveau général de développement est inférieur dans le groupe des troubles mentaux, le niveau d’éducation des mères est plus élevé dans le groupe des troubles du langage.
Les données portent sur 1486 journées d’enregistrements auprès de 232 enfants avec plus de 3,1 millions de babillages identifiés automatiquement ; Le logiciel d’analyse des signaux a discriminé fiablement des séquences de déclarations chez des enfants portant l’enregistreur parmi des cris, des bruits végétatifs et a répertorié des vocalisations enfantines en tant que « déclarations vocales de l’enfant liées au discours ». Des analyses complémentaires ont permis de divisés ces déclarations en plusieurs catégories « des îlots de discours vocal », des périodes de haute énergies encadrées par des périodes de faible énergie. Le critère énergie a permis d’isoler les syllabes signifiantes dans les déclarations vocales. L’analyse des îlots de discours s’est centrée sur les effets acoustiques des mouvements rythmiques des mâchoires, de la langue et des lèvres qui sous-tendent l’organisation syllabique et sur la qualité acoustique de la voix. Les bébés montrent des contrôles volontaires de syllabisation et de la voix dès les premiers mois de la vie qui s’affinent lors du développement du langage. Le pistage développemental de ces critères par des moyens automatisés à très grande échelle est un apport majeur pour la recherche sur l’acquisition du langage. Les anomalies dans le développement des articulations rythmiques/syllabiques et de la voix pourraient alors suggérer un désordre émergent.
Les îlots de discours ont été analysés à travers 12 critères acoustiques concernant l’articulation syllabique et rythmique et la voix connus pour jouer un rôle prépondérant dans le développement de la parole. Les fonctionnalités concernent quatre groupes conceptuels : rythmicité/syllabisation, hauteur de l’inclinaison spectrale; largeur bande passante ; durée.
Les 12 critères acoustiques ont été répartis dans les quatre groupes fondés sur une théorie de l’infrastructure vocale. L’algorithme détermine la présence ou l’absence des chacun des critères dans chaque îlot de discours, donnant ainsi une mesure du développement de l’infrastructure vocale pour chacun des critères. Le nombre de présence par critères varie de plus de 2400 pour le paramètre concernant la voix à moins de 100 pour le paramètre relatif à la largeur de la bande passante. Les critères acoustiques ont été choisis comme indicateurs développementaux et comme critère pertinent pour différencier les groupes. Des aberrations vocales sont mentionnées dès les premières descriptions des troubles du spectre autistique. Des recherches ultérieures montrent des troubles dans la prosodie, dans l’articulation. Les classifications diagnostiques de référence des troubles mentaux ne comportent pas d’évaluations des caractéristiques vocales. La raison en est que les critères de jugement sur les vocalisations sont trop diversifiés et trop vagues et varient trop d’un individu à l’autre pour être inclus dans les évaluations. Le diagnostic d’autisme est fondé sur des marqueurs négatifs comme le déficit d’attention conjointe et associé à des déficits de communication. Des caractéristiques vocales particulières constituent un critère positif qui peut améliorer la précision de dépistage ou de diagnostic. La plupart des enfants avec des désordres du langage sans autisme, montrent aussi des anomalies de l’articulation et de la voix. La recherche explore la possibilité d’une approche automatique qui pourrait être utile dans la discrimination dans le développement des désordres du langage aussi bien que pour différencier l’autisme des retards de langage. La puissance de l’approche automatique dépend probablement de sa capacité à prédire les changements liés à l’âge dans le développement normal de l’enfant.
Résultats
Les corrélations entre l’âge des enfants et les ratios sur les déclarations et les îlots de discours vocal sur les 12 paramètres donnent la preuve que l’analyse automatique prédit le développement
D e nombreuses lignes de régression illustrent des différences développementales entre les groupes. Le ratio entre « énoncés » et « îlots d’énoncés » selon les 12 paramètres pour chaque enregistrement diminue avec l’âge pour le groupe normal, produisant un modèle normatif du développement des vocalisations de l’enfant. Des coefficients de ce modèle ont été utilisés pour calculer l’âge développemental des enregistrements du groupe autisme et du groupe retard de langage…
Le groupe de développement normal montre des corrélations négatives selon trois paramètres qui sont corrélés positivement pour les autres groupes ; ce qui illustre que certaines tendances vocales diminuent avec l’âge dans le groupe témoin alors qu’elles persistent ou se développent dans les autres groupes. Les corrélations entre les 12 paramètres entre eux révèlent aussi une cohérence entre 4 paramètres groupés pour les trois groupes. Cependant, l’échantillon avec autisme montre beaucoup plus de corrélations non prévues par les 4 paramètres groupés que dans les autres groupes. Ceci suggère que les enfants avec autisme organisent les infrastructures vocales différemment des 2 autres groupes.
Discussion
Le but de cette recherche est fondamentalement scientifique : il s’agit de développer des outils pour l’évaluation à grande échelle du développement de la parole et pour rechercher les fondements de notre langage. Les résultats montrent que le temps de la recherche fondamental sur l’analyse automatique d’une quantité massive d’échantillons est maintenant possible. L’âge développemental des enfants normaux peut être prédit en se fondant sur cette première tentative de modélisation acoustique entièrement automatisée avec des enregistrements continus. Le procédé automatisé s'est avéré suffisamment transparent pour proposer des suggestions sur la façon travaille le facteur de prédiction de l’âge développemental – Le facteur primaire semble être le contrôle par l’enfant de l'infrastructure pour la syllabisation, une conclusion qui devrait aider à guider des enquêtes suivantes. D'un point de vue pratique, le travail actuel illustre la possibilité d'ajouter une évaluation pratique complètement objective des paramètres acoustiques à la batterie des essais qui est utilisée avec un succès croissant pour identifier les enfants avec un retard de langage et de l'autisme. Il s'avère que la commande par l’enfant des dispositifs d'infrastructure du syllabisation a joué le rôle central dans la différentiation des groupes, tout comme elle jouait le rôle central dans le suivi du développement. La méthode automatisée a montré une plus grande précision dans la différenciation entre les enfants avec et sans trouble du langage que dans la différenciation entre les deux groupes (autisme et retard de langage) entre eux. Des travaux futurs seront dirigés vers l'évaluation des facteurs vocaux additionnels qui peuvent différencier des sous-groupes de désordre de langue plus efficacement.
Fondés sur les résultats rapportés ici, il semble y avoir peu de raison de douter que l'analyse acoustique entièrement automatisée avec des enregistrements continus peut fournir un système de surveillance des étapes développementales de la vocalisation aussi bien que des différences significatives chez des enfants qui se développent ou pas avec des troubles autistiques ou de langage.
Nous sommes optimistes quant à la validation de la procédure car ceci est notre première tentative de modélisation automatisée des infrastructures, avec tous les paramètres étaient conçus et mis en application avant toute analyse des enregistrements. Dans ce cas, nous n’avons donc procédé à aucun ajustement dans les paramètres théoriquement proposés. Une modélisation additionnelle (par exemple, hiérarchisation des paramètres, prise en compte de l’âge, non linéaire du développement) peut être envisagée et des modifications qui peuvent être proposées dans les dispositifs acoustiques, avec un plus grand nombre d’échantillons, provenant spécifiquement des enfants avec des troubles du spectre autistique ou des troubles du langage, peuvent aider à accorder les procédures. L’avenir de la recherche sur le développement vocal profitera de la combinaison des approches traditionnelles utilisant l'analyse approfondie en laboratoire sur de petits échantillons de vocalisations avec l'énorme puissance qui est maintenant clairement possible de contrôler grâce à l’analyse automatisée des enregistrements naturels.

07 mars 2010

La France et l'autisme

Merci à Monica Zilbovicius, directrice de recherche au INSERM, qui nous autorise à diffuser son texte paru dans Le Monde, édition du 3 mars 2010.

Pendant mon adolescence j'ai souvent lu les lettres de mon père publiées dans la presse quotidienne. J'avais beaucoup de mal à comprendre son geste et son besoin de crier publiquement ses colères. Et me voila quelques décennies plus tard faisant ce même geste. Il était poète, et criait avec sa plume. Moi scientifique, je crie avec les touches de mon ordinateur. Ecrire pour dénoncer, pour sortir du silence et pour ne pas consentir. La recherche scientifique sur les mécanismes cérébraux impliqués dans l'autisme fait parti de ma vie depuis plus de 20 ans. En tant que psychiatre et scientifique je suis témoin et acteur d'une longue bataille pour que les personnes avec autisme soient vues avec un regard nouveau en France. Loin des querelles d'école et plus près de la réalité internationale.

Le plan autisme lancée par le gouvernement en 2004 a ouvert un grand chantier, mais les veilles idées ont la vie longue. Dans une perspective de changement, un groupe d’experts dont je fais parti a été sollicité en 2009 à participer à la construction d'un socle de connaissance sur l'autisme, à savoir, la rédaction d'un document contenant les notions modernes sur l'autisme, concernant la définition de ce syndrome et les stratégies diagnostiques. Il n'était pas question de faire le point sur les avancées scientifiques, mais de construire un instrument de base pour la formation et l’information des personnes travaillant dans ce domaine de santé. Cette mission à été confiée par le Ministère de la Santé à la Haute Autorité de Santé (HAS), suivant un protocole classique dans la constitution de tels documents. Une année de long travail ce suit. Toute information retenue doit obéir aux règles d’un processus consensuel (il n'est pas question ici de vote majoritaire). Les phrases sont débattues à la virgule près… et en fin d'année 2009 le débat est clos.

Les informations contenues dans le projet de ce document, qui par ailleurs sont pour la plupart disponibles sur un simple clic en internet, donnent une vision réaliste de l'autisme en résonance avec celle de la communauté internationale et sont loin d'être révolutionnaires. La seule "révolution" a été de constituer un document actuel, qui mettait la France en phase avec le reste du monde en matière d'autisme. Douce illusion.

Des forces "occultes", mais bien présentes, ont réussi à modifier le contenu du document et à redonner au problème de l'autisme le même vieux visage, qui apparemment plait à tant des professionnels français. C'est comme si dans le domaine du Cancer, la France décidait de faire "bande à part" du reste de la communauté internationale avec de définitions et des propositions thérapeutiques vieilles de plusieurs décennies. Un vrai scandale. Mais la psychiatrie de l'enfant en France, et l'autisme en particulier, sont encore un sujet de débat idéologique où la vision scientifique de ce problème majeur de santé de publique (plus de 1 enfant sur 1000 sont concernés) n'a pas sont mot à dire.

Et pourtant en matière le recherche scientifique un vrai paradoxe français s'opère. Les derniers communiqués de presse en sont témoins (AFP du 15 févr. 2010 "Une hormone améliore les contacts sociaux d'autistes selon une étude"). Avec les espoirs réels des nouvelles thérapeutiques à revoir… Mais apparemment on préfère encore les vieux draps glacés ! Les parents et leurs associations ne sont pas dupes et leur combat continue. A nous professionnels de sortir de notre silence !




Commentaire :
La France dispose aujourd'hui d'équipes de scientifiques reconnus internationalement pour la qualité de leurs travaux sur l'autisme . Hélas, la pédopsychiatrie française compte dans ses rangs des personnages influents qui peinent à abandonner leurs vieilles croyances obsolètes : ils utilisent une classification franco française, font des hypothèses non réfutables sur l'origine psychologique de l'autisme, proposent des interventions inutiles voire barbares aux références théoriques incertaines : le packing consiste par exemple à contentionner la personne dans des draps humides et glacés.